Mai, juin, juillet, c’est la saison nuptiale. Si le mariage sert joyeusement ton ego, il peut aussi dégoûter les jeunes. Quant aux vieux, ils gardent leur appétit !
Se marier ? C’est bon pour Zsa Zsa Gabor. Ou Liz Taylor. Ou Johnny. Ou Jennifer Lopez. Vu les bagarres quand tu divorces, non merci !
Pauvre matérialiste… Et le romantisme ? On s’aime, on veut le crier au monde, alors on se fiance, on s’affiche, on se met la bague au doigt ! On a cherché, baroudé, tenté la romance dix fois, flippé… Trouver l’âme sœur aujourd’hui devient une sacrée galère. Des sex-friends d’accord, des amis (ies) qui nous comprennent, qui nous aiment, okay, mais c’est pas ça… L’élu (e ) doit cocher tellement de cases que tu en viens à pondérer en pourcentages les compatibilités. Charme, intelligence, humour ; valeurs, principes, opinions ; origines, tempérament, compétences ; ce qu’il supporte de moi, ce que je supporte de lui… Et le sexe ! Parfois le sexe est tellement génial que ça en devient aveuglant. Allez, on se marie ! Et quand tu te réveilles, bon courage pour apprendre à cohabiter. Entretemps, tu auras quand même vécu les Nuits de Chine.
On se marie pour son ego, pour les autres
Une statistique troublante aujourd’hui : les Français se marient plus en 2025. Pas à cause du rattrapage post-covid. Par désir de convoler. Plus de 2 % de mariages en 2025 par apport à 2024, un record depuis 2010. Ce qui nous fait en gros 250’000 mariages probables en 2025. A 9800 euros la
fiesta en moyenne (d’autres chiffres disent 17’000 !), c’est un secteur prospère estimé à … 4 ou 5 milliards. Tout augmente. Les wedding planners (qui coordonnent le timing et les dépenses) et les wedding designers (qui élaborent la déco) s’arrachent. Encore plus recherchés, les photographes de mariage qui sauront mettre en scène le conte de fées : entre 1500 et 4000 euros. C’est lui, l’artiste au téléobjectif Canon, qui va assurer ton image. Te faire une sélection de star que tu vas distiller sur ton Instagram-Linkedin-Facebook-TikTok. On se marie aussi pour les autres, pour se montrer sur les réseaux. Tes noces deviennent un film : Dolce Vita ou Bollywood. Ou Diamants sur canapé. Ou les classiques « Champêtre », « Gold », « Grand Siècle », « Voyage » . Ou « écolo », frais partagés. Mais toujours la photo qui tue : voyez comme on a réussi notre fiesta !
Les moins de 20 ans ne veulent plus se marier… Les vieux, si !
En fait, la tendance pourrait bien s’inverser. Car la génération Z n’a plus du tout envie de reproduire le schéma parental : un fil à la patte et le divorce au bout. En amour comme dans le travail, ils privilégient leur liberté. D’où la tendance « Bold Love » (l’amour culotté), c’est-à-dire une relation ouverte, fluctuante. A voir si ça crée moins de conflits que la standard de leurs parents.
Leurs parents, justement. Les voilà qui se marient au-delà de 60, 70, 80 ans. Voyez Renaud, 72 ans, qui s’est marié il y a juste un an avec Cerise (une couturière de 29 ans de moins) ; et il y a 2 ans : Hugues Aufray, 95 ans, Claude Lelouch, 87, François Hollande, 70, et Christian Morin, 80, il y a 3 ans.
Les sociologues sont unanimes : les hommes « over 60 » se marient plus que les femmes « over 60 ». Jean-Luc Beaumont, psychologue, ex-expert de « Mariés au 1er regard » et créateur du site SayLove résume, plutôt cash :“Elles ont moins envie de se marier et de « s’encombrer » d’un mari, qui a longtemps fait partie de leur charge mentale ». Charge mentale, comme une tâche domestique. On comprend ces femmes mûres qui veulent enfin jouir de leur liberté. Tandis que ces Messieurs seraient en quête d’une « dépendance affective » explique Anne Keff, thérapeute de couple interrogée par Gala. Une dépendance en quête de valorisation de soi. C’est vrai quand on y pense : pendant toute leur vie, ces messieurs peuvent prendre du poids, des rides, des cheveux blancs, ils continuent de plaire. Jusqu’à ce que l’âge entame enfin leur estime d’eux-mêmes. « Ils ont le sentiment qu’ils ne plaisent plus », confirme Beaumont. « Alors se marier leur donne une revalorisation d’eux-mêmes. » C’est un homme qui parle.
Est-ce à dire que les professionnelles de la séduction que sont les femmes (toujours conditionnées à plaire, ne rêvons pas) se révèleraient plus solides face à l’outrage des ans ? C’est vrai – environnement oblige – , on apprend très tôt à ne plus trop compter sur son esthétique. A une terrasse, au bar, dans le métro, on ne te calcule plus. Tandis qu’un homme séduisant jouit deux ou trois fois plus longtemps de son ascendant. Alors forcément, quand ça s’arrête, il n’est pas préparé, il est fragile. Et c’est là qu’on découvre un scoop : un « serial lover » se case sagement avec une compagne de 10, 20 ou 30 ans de moins. Mariage de vieux, mariage heureux.
Catherine Schwaab