Tout le monde vieillit, les princesses aussi. Mais il en est une qui incarne une sorte de condensé sociologique de toutes ces années. Stéphanie de Monaco fut une telle aubaine pour les magazines.
Ses chansons, ses amours, ses enfants, son corps, ses accidents… Oui, elle fut une cible privilégiée des paparazzi. Qui, d’ailleurs, avec elle, ne se cachaient même pas. Elle semblait s’en moquer. Cool. Elle avait, elle a toujours ce naturel ancré en elle. Prenez-moi comme je suis.
A Paris Match, dans les années 1980, 1990, 2000, on avait les yeux rivés sur « les Grimaldi ». Il s’y passait toujours quelque chose, et si on avait raté un épisode, un paparazzi nous remettait nos fiches à jour. Un nouveau boyfriend pour les filles, une nouvelle fiancée ou un enfant hors mariage pour Albert, une énième colère de Charlène. Et les enfants, toujours passionnants à voir grandir.
Une couv » « royals » se vend toujours
Les couvertures « célébrités princières » ou « couronnes d’Angleterre » assurent un gros score de vente, Diana en tête, paix à son âme. Les « royals » dans la presse, ça marche encore aujourd’hui, en 2025. Une couv’ qui fait rêver aide à vendre tout le reste : les guerres, les faits divers, la politique, le cinéma, la culture… tout ce qui marche moins bien. Tout ce qui provoque moins « le geste d’achat ». Bref, du marketing dont les journaux ont de plus en plus besoin.
Autour de nous, les blasés, les pseudo-intellos, les moralistes traitaient Paris Match, Point de Vue, etc. de tous les noms mais se précipitaient sur le journal…. « Je le lis chez le coiffeur », « chez le dentiste ». Mouais, admettons.
Stéphanie, une fille déviante mais solide
Quand on n’avait rien à dire sur « la famille », il y avait toujours un anniversaire pour faire le sujet. Ce 1er février, Stéphanie de Monaco fête ses 60 ans. Elle mériterait d’avoir « sa couv’ » partout. Quand on se remémore, cette fille est un roc. Qui a réussi à ne jamais se départir de son naturel. Elle a fait l’inverse de ce que le protocole du palais lui imposait : elle est sortie de son rang en entrant dans le show-biz en 1986. Sa chanson « Ouragan » est tout de même restée 4 mois au top 50 dont 10 semaines à la première place. Peu portée sur les études, elle a joué les stylistes prêt-à-porter et vendu des maillots de bain de compèt’ et des blousons de rocker.
Elle a vécu, sous les yeux du monde entier, la tragédie d’un accident de voiture qui a tué sa mère, elle, assise à côté de Grace Kelly. Elle a enduré la terrible culpabilité d’avoir survécu. Pour un anonyme, le drame est déjà terrible. Mais là… Des semaines de manchettes sur cet évènement horrible, et toutes les hypothèses jamais vérifiées. Comment garder sa raison ? Ensuite « les affaires » Daniel Ducruet. D’abord, s’amouracher de son bodyguard est totalement interdit par les règles de la royauté. Mais… la jeune Stéphanie avait-elle des dizaines de copains avec qui aller boire des verres ? Non. Isolée, protégée, escortée… Ducruet avait presque le même âge… La princesse Diana elle aussi a craqué pour ses protecteurs sexys.
Femme trompée, mais compréhensive et digne
Ensuite, deux enfants et un mariage plus tard, l’adultère de Ducruet, dûment organisé par des paparazzi belges : deux call-girls dans une villa avec piscine loin de tout. Et patatras, les photos sortent. Le père Rainier enjoint à sa fille de divorcer, question de tenue. La pauvre a dû obéir mais, intelligente, pas bégueule, elle est restée en bons termes avec le père de Louis et Pauline. Sa troisième fille, Camille, 27 ans, elle l’a eue – plus discrètement – avec un autre garde du corps, Jean-Raymond Gottlieb. Une femme libre qui écoute son cœur.
On l’a vue avec d’ autres compagnons qui n’avaient rien de ces « bons partis » qu’on attribue aux princesses. Des « unions » qui n’ont pas réussi à sa sœur Caroline, voyez le fiasco de son mariage avec le Prince Hanovre,
malade alcoolique. Stéphanie, elle, fan de cirque, est « sortie » avec un des trois frères Knie, dresseur d’éléphants, une vie de rêve pendant un an avec les animaux et les acrobates. Elle en a épousé un brièvement (2004-2005) Adan Lopez Peres, acrobate portugais au cirque Knie.
Le Sida, une cause pas facile
Quant à ses engagements, elle n’a pas comme sa sœur (engagée dans la danse) choisi la facilité : au début des années 2000, elle s’est battue en faveur des malades du Sida à une époque où on les regardait encore comme des pestiférés, où on jurait que c’était une affection homosexuelle, où la principauté se drapait dans une pudeur teintée de mépris. Stéphanie a tenu bon. Avec sa notoriété, elle a poussé l’information, démenti des contre-vérités, cassé l’isolement des malades, fait aménager des appartements thérapeutiques. Respect !
Le Palais de Monaco moins visé par les paparazzi ?
Et maintenant 60 ans. Ni chirurgie, ni injections. Et grand-mère : son fils vient d’avoir un bébé. Mais paradoxale toujours, Stéphanie, n’a pas hésité à poser l’année dernière en maillots de bain Alter Design de sa fille Pauline. Un corps de rêve.
La famille Grimaldi s’est élargie et continue d’assumer ses devoirs protocolaires, fondations, festival du cirque, célébrations… Mais les paparazzi se sont calmés. Moralisés ? Les épreuves de Charlène au Palais ont peut-être obligé à une certaine modération. Ce panier de crabes de l’entourage princier a tout de même failli la tuer. Et pendant sa longue dépression, la famille Grimaldi solidaire a assuré sa présence autour des jumeaux.
Maintenant, à part commenter les tenues, les coiffures, les rides, on parle plutôt des réussites d’Albert, frère chéri de Stéphanie et son complice
indéfectible : extension de la principauté sur la mer, 6 hectares de gagné, et clarification des finances. Lesquelles vont très bien merci. Stéphanie se débrouille avec la dotation de 800’000 euros annuels alloués par Albert. Oui, l’argent aide à (bien) vivre mais il n’apporte ni l’équilibre, ni la santé mentale. Or, Stéphanie est la plus saine des trois.
Catherine Schwaab