Newsletter du 8 janvier 2026

par Catherine | Jan 8, 2026 | Newsletter Archive

Lio, quel phénomène !

Lio : inoxydable !

Elle revient de loin. Viol, violences, perte d’un enfant, carrière en dents de scie… Mais tel un phénix, toujours, Lio se reconstruit. Tire des enseignements des coups du destin. Elle a franchi la soixantaine ; et à l’âge où beaucoup choisissent la retraite, elle sort un disque et remonte sur scène : en tournée dès le 16 janvier, elle commence par Marseille.  Plus que jamais à la mode.

 

 On a longtemps cru que dès ses 16 ans et le triomphal « Banana Split », Lio ne nous cachait rien. Tellement spontanée, joyeuse, sans hypocrisie, fun… On admirait sa beauté, on enviait son énergie, son culot et sa verve. Capable de clouer le bec d’un Ardisson autant que riposter à Patrick Sébastien, blaguer avec Stéphane Collaro ou égayer un dimanche de Drucker. Sur scène, en scène, Lio était un festival permanent. Mutine et ouverte, à l’aise… Les plus brillants lui ont composé des chansons (Etienne Daho, Boris Bergman…) ont fait des duos avec elle (Julien Clerc, Alain Chamfort, Julien Doré…), de grands talents féminins l’ont mise en scène, en live et au cinéma (Caroline Loeb, Jeanne Labrune, Catherine Breillat, Diane Kurys, Katell Quillérévé, Yolande Moreau, Valérie Guignabodet…)  Concerts, télés, films, elle a mené sa carrière, est toujours arrivée à ses fins. 

Bref, l’impression que cette fille avait tout bon, tout juste. Et que tout ce qu’elle vivait, elle le partageait avec nous. De fait, depuis sa post-adolescence et ses tubes, on a eu l’impression de la voir grandir sous nos yeux. Un peu comme Vanessa Paradis, comme Kate Moss…

Violée, battue, sauvée…

On s’est bien trompés. On est même tombés de l’armoire. Lio-la-Légéreté était chargée d’un fardeau de traumatismes inimaginables. A commencer par un viol à 10 ans, par un ami de son beau-père. Ses parents portugais avaient divorcé, sa mère, refait sa vie avec Alberto Nogueira, musicologue, et ensemble, ils avaient migré en Belgique en 1968. Lio a 6 ans. Un an plus tard naîtra Héléna, sa demi-sœur. Celle qui lui a « sauvé la vie ». Qui l’a arrachée à un homme ultra-violent et ouvert les yeux. Lio l’a raconté dans Paris Match en 2013 : elle était sous l’emprise d’un pervers narcissique qui la cognait, la dénigrait, sous le regard de ses enfants. Elle en avait cinq à l’époque, dont des jumelles avec cet homme, Alexis Zad. Un calvaire qu’on n’aurait jamais supposé. Lio avait l’air si gaie, bien dans sa peau. Elle donnait le change. « J’étais dans le déni, je lui trouvais des excuses : « Ce n’est pas de sa faute. Il a été battu lui-même. C’est un enfant de la rue » C’est moi, au contraire, qui culpabilisais : j’ai dû mal agir pour le mettre dans cet état-là. Petit à petit, je suis tombée dans l’aliénation et mes aînés ont assisté à toute cette violence ».

Lio a mis du temps avant de réagir. Elle a connu le lot de toutes ces femmes battues, vulnérables, qui déménagent de studios en hôtels, en meublés, tentant de fuir leur tortionnaire… Lequel finit toujours par les retrouver. Elle, Lio, la déterminée, la célèbre, l’ambitieuse, celle qui donne l’impression de faire des hommes ce qu’elle veut…. perd sa clairvoyance. Face à ce « Zad », alcoolique terrifiant, elle devient une petite chose « insecure » qui prend des coups. Incroyable.

C’est en effet sa petite sœur Helena qui prend les choses en main : « Sans son coup de fil à SOS Femmes battues, je serais morte, explique Lio. Elle m’a sauvé la vie. Je lui dois tant ! »  Lio sait mettre les mots sur ce qu’elle a vécu.

Maintenant, Lio dénonce

Au-delà d’une longue psychanalyse, cette mise à nu médiatisée est aussi sa thérapie. En se racontant, elle rattrape son silence de l’époque. Pour alerter, dire aux autres qui n’ont pas eu sa sœur, son sauveur, de se réveiller, porter plainte, partir.  Ses propos intimes sont aussi sa promo, ok. Mais c’est aussi la preuve de sa reconstruction : on peut s’en sortir. Là, pour le coup, on a l’impression qu’elle ne cache rien : ses faiblesses, ses enfants qu’elle n’a « pas su protéger »,  « Je n’ai pas su me montrer responsable. Je leur ai demandé pardon. Ils m’ont pardonné, mais moi je ne me le pardonnerai jamais… »

Sur Facebook, c’est un déferlement d’éloges, de remerciements. Depuis ses prises de position sur le meurtre de Marie Trintignant (2003), son engagement aux côtés des Femen, Lio l’ex-Lolita est devenue une effigie du combat féministe. Avec ses cheveux courts, son visage intouché, presque sans maquillage, elle mène un combat. Et avec la même fougue qu’elle mettait dans ses vidéos il y a 40 ans, elle révèle que dans le show-biz aussi, les femmes ont longtemps compté pour des prunes. Les abus y sont rois, l’impérieuse séduction féminine, le management macho-mercantile… 

Plus de sexe avec les hommes

Son disque « Geoid Party in the Sky » est vraiment bien, d’ailleurs ses dates de tournée vont jusqu’en septembre 2027 ! A 63 ans, Lio réussit à s’imposer plus fort, plus profondément que quand elle chantait « Les hommes me vont si bien ». Aujourd’hui, elle l’a dit tout net à Maitena Biraben dans « Mesdames » : « Plus de sexe depuis mes 50 ans. Avec les hommes, (le sexe) c’est trop ennuyeux, ils ne savent pas comment on fonctionne » On croirait entendre Ovidie. Lio, sans tabous, en rajoute : « … la masturbation, c’est de la joie pure, parce qu’on sait faire. Moi j’ai mis le temps. J’ai découvert mon clitoris en 2019, à l’occasion de la campagne féministe « ceci n’est pas un bretzel » ! Donc évidemment que j’ai mis en pratique ce que je venais d’apprendre pour que ce soit encore mieux. Et je ne me déçois pas ! » . Inimitable.

Les ronchonnades d’une boomeuse 

C’est un livre hilarant sans prise de tête mais qui balance quelques vérités acides. Que l’on soit boomeuse ou enfant de boomeuse, on s’y reconnaît. Carole Fives est une spécialiste de ces écrits grinçants qui s’expriment comme on parle, comme on râle, comme on insulte. La boomeuse d' »Appel manqué »(L’Arbalète-Gallimard) doit avoir 65-70 ans, des combats féministes au compteur, et deux enfants ingrats qui n’en font pas beaucoup pour son bien-être, et qui ne savent pas éduquer leurs enfants. Enfin, c’est ce qu’elle dit. Egocentrique et désarmante, cash et fauchée, elle est sans tabou, sans filtre, sans manières et c’est rafaîchissant. 

Pour acheter le livre

Raymond Carver au théâtre : comme un tableau d’Edward Hopper

Les nouvelles de Raymond Carver racontent sa vie : l’infinie pauvreté de l’Amérique profonde. Misère, alcool, peur de manquer. Un combat frustrant, désespéré. Carver l’a décrit par petites touches détaillées, lui-même père de deux gosses à 20 ans, alcoolique (repenti tardivement) et mort à 50 ans d’un cancer. C’est une Italienne, Olivia Corsini, qui met en scène « Toutes ces petites choses que j’ai pu voir » avec des acteurs éblouissants, dans des décors fluides, tout en pénombre comme un tableau de Hopper. Solitude, angoisses, et mélancole. Avec peu de mots, des images d’une beauté triste, ce spectacle appelle aussi la danse et la musique, et c’est bouleversant. On pense à l’Amérique de Trump, où les inaccessibles rêves de réussite se cognent aux duretés du l’ultra-libéralisme. C’est poétique, subtil, hyper-sensible et tchécovien. 

Pour prendre les billets :

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Au centre, en robe longue, la metteuse en scène et actrice Olivia Corrsini

Deux cardiologues avertissent : attention aux arythmies silencieuses !

Ils étaient mes invités (filmés) dans « Objectif Santé » sur radio RCJ ce mercredi 7 janvier 2026. Le Dr. Riad Caïd-Essebsi est cardiologue clinicien, le Pr. Pierre Jaïs est cardiologue rythmologue, les deux travaillent à l’Hôpital américain de Paris-Neuilly. Ils expliquent les dangers de pathologies cardiaques non surveillées qui peuvent aboutir à un AVC voire à un arrêt cardiaque. Les symptômes : palpitations, rythme irrégulier, essouflement inhabituel, fatigue inexpliquée, malaise, syncopes. Mais parfois il n’y a aucun signe. C’est pourquoi il faut : 1. mesurer sa tension artérielle régulièrement, 2. faire une échocardiographie (pour analyser la structure, la fonction, les valves, les pressions), 3. faire un scanner coronaire pour dépister une maladie coronarienne silencieuse, 4. une IRM cardiaque pour explorer les maladies du muscle cardiaque ou des cicatrices, 5. détecter une irrégularité du rythme avec des outils connectés.

Attention les femmes ! Ce sont elles qui se surveillent le moins, et elles qui en meurent le plus.

Photo prise aux studios RCJ :

à g.  le Dr Riadh Caïd Essebsi, Cardiologue et chef du pole santé à l’Hopital américain de Paris,

à dr. : le Pr Pierre Jaïs, cardiologue et rythmologue à l’Hôpital américain de Paris  

 

Pour écouter l’émission

MICKEY ROURKE NE FAIT PAS LA CHARITÉ !

Il est furieux ! Apprenant que l’acteur-boxeur Mickey Rourke risquait d’être expulsé de son logement à Los Angeles pour cause d’arriérés de loyers (60’000 dollars quand même), une fan a cru bien faire en lançant une cagnotte sur le web. En quelques jours, elle a réuni 100’000 dollars ! Rourke se sent humilié : « Récupérez votre argent, s’il vous plaît, s’indigne-t-il. Je n’ai besoin de l’argent de personne et je n’aurais jamais agi de cette façon. J’ai trop d’orgueil. C’est humiliant et vraiment honteux ».

Pour participer à la cagnotte (!) rendez vous sur ce lien : Cagnotte Mickey 

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