| Que dire encore sur l’Iran ? ses massacres, sa cruauté… Son effondrement ? Dispersés dans le monde, les Iraniens assistent, impuissants, au carnage. A chaque soulèvement, c’est encore plus douloureux : « Ils se font massacrer et nous on n’est pas avec eux. » Les Iraniens de la diaspora en sont malades. A chaque fois, les communications, les réseaux sont coupés, on n’a pas de nouvelles, on est en perfusion sur les news, BBC-farsi, Gooya news, Mehr, Pars Times… Instagram… Les images des émeutes dans la nuit tournent en boucle, les coups de matraque, les bagarres à mains nues dans la rue contre un mollah… Celles-ci ont maintenant laissé place à la guerre : des types en noir qui défouraillent à la mitraillette dans la foule. Ces fameux bassijis casqués à deux sur leurs motos, l’un conduit, l’autre tire. Ils ne visent pas les jambes, ils visent la tête ou le cœur. L’autre jour, une mère a dû payer une fortune la balle qui a tué sa fille pour pouvoir récupérer son corps ! Les parents sont-ils en train de boucler leurs enfants pour les empêcher de sortir ? 90 % des cadavres ont moins de 30 ans. Les pasdars, les mollahs, les membres du régime – il paraît qu’ils constituent 10 % de la population iranienne – eux envoient leurs enfants finir leurs études et s’amuser en France, en Angleterre, en Italie, en Amérique… Ces temps-ci, la demande de visas explose dans les ambassades à Téhéran. On parle d’exode des caciques. Un premier signe d’effondrement ? Les images d’un Iranien en train de grimper sur le balcon de l’ambassade d’Iran à Londres qui arrache le drapeau islamiste pour brandir l’étendard de l’Iran d’avant : le lion et le soleil à la place d’Allah collé sur les rayures rouge-blanc-vert. Ovation des Anglais. La vidéo a fait des dizaines de milliers de vues. On espère que « là-bas », la population exsangue l’a vue. Ils ne perdent jamais leur humour, même dans les pires moments. Et ils chantent, des mélodies déchirantes ; rivière de larmes. Là-bas, les hôpitaux sont débordés, et sont la cible de raids armés pour arracher les blessés et les jeter en prison. On le sait, on l’a entendu cent fois : les tortures, les viols, les exécutions. Aujourd’hui, on parle de 12000 morts. « Envie de foutre une bombe » « On regarde ça depuis notre fauteuil et on a envie de hurler, de pleurer, de foutre une bombe… » Les Iraniens de l’extérieur n’en dorment plus, ils surveillent chaque signe, vissés sur leur portable, regardent les télés, les plateaux de discussion des « experts ». « Cette fois-ci c’est la bonne. » Trente ans que j’entends cet espoir. Ce « wishful thinking ». Cette fois-ci, « les experts » auront peut-être raison. Grâce à ce fou de Trump. Un comble. La gauche bornée, petits marquis abrutis L’affaire iranienne devient un caillou dans la chaussure des politiques. Des gauches bornées, des écolos, des néo-féministes qui gardent le silence. Ces ignorants de Français gâtés-pourris qui se réfugient derrière l’opprobre d’un « anti-islamisme primaire » pour ne pas condamner, dénoncer, soutenir. Mais ce sont eux qui sont primaires. Aveuglés, abrutis qu’ils sont par leurs dogmes, incapables de comprendre que la maison-mère de l’islamisme violent, intégriste, de la charia, des attentats terroristes, c’est cette mollahrchie iranienne qu’ils ne veulent pas regarder en face. Petits marquis théoriciens le doigt en l’air, ils s’admirent quand ils soutiennent les Gazaouis, chair à canon du Hamas. Mais ils n’ont rien compris. Combien de fois faudra-t-il le marteler : le Hamas et le Hezbollah sont nourris par l’Iran via des trafics et des corruptions qui vont jusqu’en Amérique Latine. Oui, suivez mon regard ; on n’est pas loin de Maduro. Le peuple iranien épuisé d’injustices le résume dans la rue qui scande : « Ni Gaza, ni Liban, l’Iran ! » Marre de voir le fric du pétrole alimenter les proxis. Elle a raison, la journaliste Eloise Maillot Nespo, d’interpeler sur Instagram les grands noms du show biz et les féministes maîtres à penser : les Haenel, Gayet, Cotillard, Binoche, Angèle, Huppert, Biolay, Cyril Dion, etc qui se sont impliqués pour les Gazaouis mais font le mort ici. « Qu’est-ce que vous foutez, le show biz ? On ne vous entend pas ! Bougez-vous le cul !» Oui, la diaspora iranienne est peut-être devenue française, brillante, intégrée, radieuse, jalonnée de réussites ; il y a des Iraniens impressionnants partout, dans la recherche, la médecine, les sciences, l’aéronautique, les arts, le cinéma, la littérature, les affaires… mais ils rêveraient ô combien, de faire profiter leur pays de leurs talents. Quand on leur demande : »Que va-t-il se passer ? Qu’en penses-tu ?… » leur coeur se serre. Quoi répondre ? Ces jours-ci, leur sécurité presque les culpabilise. Meurtris, ils se sentent seuls. Seuls et impuissants. Seuls et en rage. |