Newsletter du 29 janvier 2026

par Catherine | Jan 29, 2026 | Newsletter Archive

Fashion Week

La Fashion Week et ses snobismes 

Des clientes prestigieuses aux défilés de l’Oriental Fashion Show ». Elles viennent de Oman, d’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, et du Kowait. Et contrairement à pas mal de Parisiennes, elles ne sont pas bégueules.

 Cette Fashion Week parisienne illustre la relation contradictoire des Français avec l’argent. Attraction-répulsion. Un désir d’en jouir, une fascination pour les grandes fortunes mêlés d’un mépris pour les « nouveaux riches ». Or, ce sont ces nouveaux riches qui assurent notre (sur)vie…

 

…Et où sont-ils, je vous le demande, ces portefeuilles bien remplis qui raffolent de notre Haute Couture ? En Amérique, au Moyen-Orient, en Chine… Ces pays que nous autres, grands érudits de la mode, regardons comme des béotiens. Je parle de nos échanges confidentiels devant l’étalage de leurs tenues exubérantes, de nos sarcasmes murmurés entre les dents, de nos coups d’œil navrés. En un mot, d’une morgue, si-si, pour leurs côtés « too much ». « Ce qu’ils sont ploucs ». Or, s’ils n’étaient pas là, avec leurs enthousiasmes et leurs largesses, leurs décisions d’achat rapide à peine le défilé terminé, eh bien beaucoup de maisons pourraient fermer leurs portes. Demandez à Stéphane Rolland, l’idole de ces chères Emiraties, et dans une moindre mesure, à Franck Sorbier, le génie de l’artisanat maison. Ce dernier, au fichier clients très français, a subi de plein fouet les austérités de l’ambiance anti-riches en France.

La clientèle Haute Couture augmente

On est en crise ? en guerre ? Certains ont les moyens de regarder ailleurs. Grâce à la jeunesse d’Asie Pacifique et du Moyen Orient, la clientèle fortunée est en augmentation ; et à Paris, la Haute Couture nous garantit encore une domination créative incontestée. Elles seraient 4000 ou 5000 clientes à pouvoir payer 100’000, 300’000, 500’00 euros la robe, le tailleur ou le fourreau du soir. C’est moins que les 50’000 clientes Haute Couture dans les années cinquante. Mais c’est cinq fois plus qu’il y a 30 ans. Et il y a maintenant une clientèle masculine d’amateurs qui grandit. Sans parler du regain des robes de mariées qui assurent à certaines maisons de haute couture plus de 50 % de leur chiffre d’affaires.

Ce mépris parisien envers l’Oriental Fashion Show

Parlons robes de mariées justement. Voilà un marché très disputé et pour lequel certaines griffes du Moyen-Orient ou d’Asie Mineure (ex-républiques soviétiques) ont leur mot à dire malgré les préventions parisianistes. En marge des Chanel, Dior, Valentino, Armani, Schiaparelli, ou Elie Saab (un talentueux Libanais qui, soit dit en passant, a mis bien plus longtemps à s’imposer à Paris que le juvénile et provençal Jacquemus), eh bien, il fallait s’intéresser ces derniers jours à l’Oriental Fashion Show. Etrangères, des marques se battent pour construire leur cote en France face à « leur » public. Elles étaient une quinzaine : Libanaises, Egyptiennes, Emirati, Omanaises, Kowaitiennes, Dubaiotes, Jordaniennes, Ouzbèkes, Azeri, Tadjiks, Turkmènes… à défiler en marge de la Haute Couture labellisée. Devant une assistance orientale et asiatique, mais sans la grande presse parisienne, deux des plus prospères s’étaient offert les salons du Crillon (l’Omanaise Yoland et la russo-Ouzbèke Vialina Lemannn) suivis d’un dîner chez Maxim’s pour leurs plus prestigieuses clientes. La douzaine d’autres ont présenté leurs créations au Musée Guimet « qui nous a offert des conditions préférentielles », confie la Marocaine Hind Joudar, la fondatrice de cette manifestation. Vingt ans qu’elle se bat avec peu de moyens pour promouvoir la mode de l’Orient et du Moyen-Orient. Aujourd’hui, elle l’avoue, elle aimerait bien voir autour du catwalk autant de signatures parisiennes que chez les petits génies européens. Forcé d’admettre qu’un papier dans le Figaro, un flash au 20 h ou une star française habillée avec ta robe te propulse illico au zénith.

Heureusement, la riche clientèle Haute Couture marque son patriotisme : au Crillon, au Musée Guimet, on comptait des « filles de », « femmes de » ambassadeurs, familles royales ou oligarques ravies de papoter « en famille » autour du podium. Il était clair que certaines de ces femmes portant le voile brodé d’or allaient se fendre d’une petite commande.

Et, au diable le mépris hexagonal, les robes rutilantes qui défilaient affichaient avec grâce un exotisme revisité par le savoir-faire stylistique.

 Mais aucune n’a les honneurs de la grande presse.  Il y a comme un dédain typiquement parisien porté sur ces créatrices.  Certaines sont pourtant diplômées d’une école de mode à Paris. Mais comme elles viennent de lointaines zones en friche à la limite de l’âge des cavernes… ! 

Pourquoi cette indifférence envers des marques et des pays qui nous achètent, nous admirent ? Qui nous ont longtemps permis de vivre grâce à leurs emplettes ; ils adorent venir à Paris, ne chipotent pas sur la dépense, s’habillent encore pour faire la fête.

Et contrairement à la France, ils n’ont pas des Présidents qui décrètent, pour faire l’intéressant, « je déteste les riches ».  

Deux exemples des merveilles réalisées par les créateurs de l’Oriental Fashion Show. Une robe de mariée et une robe du soir. Des robes de princesses, simplement !

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