Newsletter du 2 mars 2026

par Catherine | Mar 2, 2026 | Newsletter Archive

La Guerre

Nabilla, Maeva, Benjamin… Nos très chers influenceuses et influenceurs français sur Instagram

Apprendre la vie par la guerre

Installés à Dubai, Abu Dhabi et dans le Golfe, les influenceurs français nous ont offert un étrange show : déflagrations de missiles et fumées noires d’immeubles en feu. Et panique générale, appels au secours.  Vont-ils pour autant opérer un salutaire retour sur eux-mêmes ?

 

Quand la dure réalité du monde vous rattrape par la peur… Ils n’auraient jamais imaginé ça. Les influenceurs exilés dans les pays du Golfe, Dubaï, les Emirats… sont en train de se découvrir vulnérables et terrorisés. Ils s’étaient réfugiés au loin, au bord d’une plage de sable fin, sous le soleil d‘un régime sans impôts, avec des domestiques philippines douces et silencieuses. Ils avaient disposé leurs caméras dans leur salon doré, et sur leur terrasse de rêve, ils menaient une vie tranquille, entre flashes de promo et langueurs productives. Entre travail bien réel – il faut s’y mettre chaque jour, avec enthousiasme, bonnes idées et maquillage impeccable – et luxe décomplexé – chauffeur, restos, sorties, massages, shopping…  Des bosseurs, rien à dire. Ils nous ont répété que, non, bien sûr, c’est pas parce qu’on n’y paie pas d’impôts qu’on s’installe là-bas, c’est pour la sécurité, pour échapper aux harceleurs, aux voleurs, aux ligotteurs…  Passons.

Malgré nous, on ne pouvait s’empêcher de les admirer, ces jeunes business-kids analphabètes, capables de bâtir une petite fortune sur leur propre plastique et leurs boniments. Sur leur ego. Notre époque narcissique et vaniteuse engendre donc aussi ce genre de génies des affaires ? Où les fausses confidences et les vraies mégalomanies deviennent un savoir-faire qui rapporte. Et non seulement ils signent des contrats avec des marques de mode, de cosmétiques, mais en plus ils défilent sur les tapis rouges dans les festivals de cinéma, dans les présentations de haute-couture comme s’ils avaient créé une œuvre.  

« Oh putain ! Jamais entendu cette détonation de ma vie ! »

Eh bien depuis deux jours, ils tombent de haut. Un choc. Même si certains ont grandi en zup, en zone de deal, avec quelques descentes de police et quelques règlements de comptes, ils ne se sont jamais pris un bombardement sur la tête. « Oh putain ! il y a des missiles à côté de chez moi », lâche Maeva Ghenam, affolée. « Je tremble, je n’ai jamais entendu cette détonation de ma vie (…) mon Dieu protège-nous. » S’en remettre au Ciel, elle qui ne priait que pour multiplier les profits.

Ca n’est pas juste un retour aux duretés du vrai monde, c’est la guerre. Avec des missiles, des incendies, des immeubles qui s’effondrent dans le vacarme, des morts et des nuits d’insomnies. Que ferions-nous à leur place ? Eux ne perdent pas leur réflexe de médiatisation, cramponnés comme à un bouclier à leur téléphone qui filme. C’est comme si la petite caméra pouvait les protéger de la mort. Tant que je me vois à l’écran, tant que mes followers me regardent, je suis en vie. Une expérience. Un traumatisme pour ces enfants gâtés.

Exilés dans un pays devenu soudain plus terrifiant que les quartiers nord de Marseille, ils appellent au secours, comme des gosses privés de leur cocon. Maeva : « La France, protégez-nous ! » Un cri du cœur. Va-t-elle envoyer un chèque au fisc ou aux pompiers ? Elle insiste, soudain follement patriote : « Si jamais il faut partir, on reste français ! » C’est compris ?

Une épreuve qui doit les lester, non ?

Ils vont devoir serrer les dents, tester leur courage et leur sang-froid. Trouver de nouveaux emojis pour traduire leur panique et leur désespoir. Plus d’avions pour rentrer, plus de havre. L’angoisse et l’effroi. Pour beaucoup, l’épreuve produira une métamorphose. Cette guerre sera-t-elle pour eux un facteur de maturation et un sérum de vérité ? Va-t-elle, sans jeu de mots, leur mettre du plomb dans la tête, à ces paons futiles ? En toute logique psychanalytique, elle devrait induire une interrogation philosophique, métaphysique. Si je peux mourir demain, quel sens donner à mon existence ? Bon, ils ne vont peut-être pas se la poser en ces termes. Mais, choqués, ils auront « traversé le miroir ». Comme après un trip de LSD. On espère les voir se confronter à leur être profond. S’élever. Mon âme, mon esprit, ma vie… Et mon argent ! Si rien n’est stable ni sûr, si Dieu n’existe pas, alors que faire ? Rentrer au pays et payer mes impôts ? Ou, superficiels et matérialistes, chercher la paix à… Bali.

Indécrottables ?

 

 

Drôle, raffiné, précis, le show à voir à Paris

Quatre chanteurs-auteurs surdoués nous racontent la vie avec des mélodies connues et inconnues, des paroles intelligentes, fûtées, ciselées, et des saynètes bien balancées. Ils sont multiples, pleins d’humour et d’émotion. C’est virtuose et d’une précision d’horloger suisse, signée par l’humoriste Sophie Forte à la mise en scène. A la fin, la petite salle (bourrée) du théâtre Essaion applaudit debout !

Au Théâtre Essaion à Paris. Le mercredi à 20 h 50 jusque fin avril 2026. Relâche les 11 et 25 mars. 

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