Newsletter du 21 octobre 2026

par Catherine | Oct 21, 2026 | Newsletter Archive

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Pas de PQ à l’école!

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Pas de P.Q. à l'école: l'effet papillon

 

Pas de papier de toilette, pas de savon, pas de sèche-main ni de serviette, ou des serviettes sales et trempées, parfois pas de porte, pas de cuvette (toilettes à la turque, oui !), pas de lumière, ni à l’école primaire, ni chez les petits, classes enfantines, école maternelle, encore moins au collège, au lycée… Mais de quoi ces privations sont-elles le nom ?

 

Ca s’appelle du mépris. Besoin d’aller aux toilettes ? Débrouille-toi. Je sais ce que tu vis, je sais combien tu souffres de te retenir, ou… de te lâcher, eh bien, peu m’importe. La direction, les profs ont leur propre WC, les 200 ou 400 élèves ont des latrines indignes. L’école est obligatoire mais on ne fait pas l’effort d’accueillir les élèves correctement.

Tout le monde a entendu ces ados nous expliquer que « nous n’avons que 5 toilettes pour 400 élèves », que les toilettes sont fermées à clé pendant les cours, elles ouvrent à 10 h ou 12 h 40, certaines portes, – panneau « hors service » – condamnées toute l'année; à la pause, une cinquantaine de personnes se précipitent, font la queue, et donc ratent le cours suivant. Certaines filles ne viennent pas au collège quand elles ont leurs règles car sans lumières, sans possibilité de se changer dans une discrétion élémentaire, eh bien elles préfèrent éviter.

 

 Punition collective !

 

Mais que fait la direction des établissements, proviseurs et autres décideurs ? Ils sanctionnent les voleurs de PQ ! Punition collective. Je rappelle qu’en supermarché, six rouleaux Lotus coûtent dans les 4 euros. Ce qui fait 70 centimes le rouleau. Tu parles d’une fortune perdue pour l’établissement. Mesurent-ils, ces brillants cerveaux administratifs, l’impact d’une telle désinvolture pour l’estime de soi chez leurs élèves ? Songent-ils à l’exemple catastrophique que donne cette absence d’hygiène ? S’il est une vertu pédagogique facile à appliquer, c’est bien celle-là, universellement partagée : le respect de ta propreté. Comment voulez-vous enseigner aux jeunes de nettoyer après leur passage, de « laisser les toilettes dans l’état où vous auriez aimé les trouver en arrivant » si même leurs maîtres encouragent des comportements rustres crasseux ? Ca n’est pas un détail. Ce je-m’en-foutisme, cette absence de respect a un effet papillon : quand on se sent déconsidéré, humilié, mortifié, nié dans ses besoins les plus élémentaires, à quoi bon faire gaffe, à quoi bon prendre soin de ces lieux, les miens, l’école, le préau, les classes, les toilettes où je me rends tous les jours si mon directeur ne daigne même pas les entretenir, lutter contre les incivilités. Même les enfants sages y perdent leur éducation.

Je n’excuse rien, je tire juste une conclusion.

 

« C’est ça la France ? »

 

Combien d’amis étrangers, de touristes s’étonnent – s’offusquent – de la rareté des lieux d’aisance dans nos belles villes de France. Régulièrement, mes amis américains s’énervent ; les autres blaguent sur nos toilettes de bistrot. Côté pipi-room dans les restos, pourtant, ça s’améliore. Du Moyen-Age – de Versailles ? – où ils se complaisaient avec indifférence, nos commerçants commencent à intégrer les principes élémentaires de l’hygiène du 21ème siècle. Dans les théâtres, dans beaucoup de musées, les directeurs savent que des toilettes en ordre de marche, c’est important pour l’image. Et apparemment le vol de PQ ne fait pas des trous noirs dans la comptabilité de ces lieux.

 

Un plan toilettes à… 85 millions ! 

 

Mais restons à l’école et voyons plutôt la cuvette à moitié propre : preuve que les esprits évoluent en matière de lieux d’aisances au collège, un « plan toilettes » a été lancé en 2019 en Ile de France : 85 millions d'euros pour rénover les toilettes de 125 lycées. Ce qui fait, si je calcule bien, 680 000 € par lycée ! Six cent quatre-vingt-mille euros ! une folie surévaluée. Pour info, la pose d’un WC neuf ne dépasse pas 1000 euros, fournitures comprises. Avec 680’000, ils n’arrivent pas à entretenir les sanitaires, recharger le PQ chaque jour et payer les heures de ménage ? Même avec 2 vandales de toilettes par semaine, on n’engloutit pas le budget. Ladite dotation de 680’000 aurait doublé en dix ans. Mais… de l'aveu même de la région, « ce sont parfois les proviseurs qui refusent de faire les petites réparations quand il s'agit de dégradations volontaires ; les directions préfèrent parfois supprimer le papier toilette pour punir collectivement les élèves qui jouent avec. » Quoi ??? Et ils fouettent encore leurs enfants avec une verge, ils leur suppriment un repas pour indiscipline, et ils les mettent au cachot ? Bravo nos éducateurs ! Avec 680'000 euros par lycée, ils peuvent pourtant poster une caméra devant la porte. Avec 680'000 euros, ils pourraient même donner deux rouleaux de PQ par élève chaque semaine, – et tant pis – tant mieux ! – s’il lui en reste pour son foyer ! Si l’on donnait 2 rouleaux par semaine à nos 5,5 millions d’élèves répartis dans nos 28 000 établissements, soit en gros 200 élèves par établissement, eh bien cela coûterait 12'000 euros de PQ par établissement et par an. Le prix d’une éducation élémentaire qui peut rapporter gros en termes d’estime de soi. Et il resterait des sous pour réparer les cuvettes, poser des sèche-mains et même mettre des miroirs !

 A part ça, la France, c'est le pays de l'élégance et du raffinement. Honte… 

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