Chaque année, c’est la même question. Faut-il céder à la tentation du short quand il fait chaud ? Ma réponse est non.

Est-ce la canicule précoce ? J’ai l’impression de voir des shorts à tous les coins de rue. Dans le métro, au café, au resto, aux terrasses, dans les magasins, les bureaux… Filles et garçons, hommes et femmes, messieurs et mesdames montrent leurs cuisses au naturel. Brut de peau. Les filles, cellulite décomplexée, en short ultra-court, effiloché, en jean, délavé. Les mecs, ventre rebondi sur le bouton qui tire, en bermuda polyester-nylon jaune fluo sur jambes velues, pieds nus, ongles douteux. Tout ce que je déteste… Pardon. De quel droit je critique ? Eh bien, je suis assise en face. La tenue me gêne tellement que je ne sais plus où regarder, plus quoi regarder. C’est plus fort que moi, il faut que je détaille : en top, elle porte un t-shirt sans soutien-gorge, et lui un marcel qui flotte un peu. Tout me semble indécent, obscène. Les bourrelets, les boutons, les poils… On est à Paris, station Les Halles. Aux pieds, ça ne s’arrange pas : le type porte des tongs ; la fille, les inévitables mules Birkenstock deux brides, noires. A l’aise. Ils vont au cinéma.

Le short en jean ras-les-fesses effiloché-délavé c’est ringard !

Chaque année c’est la même chose : les grosses chaleurs autorisent le confort, le relâchement, le moche. Alors qu’on pourrait jouer le pimpant, le sexy, sans pour autant crever de chaud.

Se rappeler d’abord que le jean effiloché-délavé est du dernier ringard. Même à Coachella. Vous avez noté que j’évite le terme « bourgeois » de « vulgaire ». Et pourtant…

Si on tient au short en ville, on le choisit avec une coupe : coupe-jupette mini en tweed ou coton armuré, pas trop court ; en lin ou coton, flottant sur la cuisse jusqu’au bas du genou selon la longueur de jambe, pour madame. Please, quelle que soit la matière, laissez le ras-des-fesses à la plage, ou au cours de pole dance, pas à Paris. Pour monsieur, le bermuda en lin ou en coton est très bien, Patagonia, Celio ou Dior, je le préfère au genou voir au-dessous. Mais au secours ! Haro sur les tongs et les Birkenstocks, vues partout ! Et qui vous font traîner les pieds comme un clochard. On peut faire travailler son imagination et trouver de jolies sandales ou des Tods, ou des ballerines…

47 % des Français en surpoids

Ce déferlement de shorts génère IN VIVO une info précieuse que j’ai déjà martelée ici : 47 % des Français sont en surpoids, 20 % des adultes sont obèses, 30 % des enfants au stade pré-obèse. En vingt ans, l’obésité a été multipliée par quatre chez les jeunes. Il

suffit d’ouvrir les yeux. En été, ces dérapages pondéraux se révèlent au grand jour, sous le soleil.

Robe trapèze et chemise large

Alors, comment s’habiller quand il fait chaud et qu’on est « plus-size » ? Réponse : en robe fluide. Décolletée pour le sex-appeal, et trapèze pour la ligne. En plus, la transpiration est moindre grâce à l’air balayé autour du corps. Pour ces messieurs, même observation : porter une chemise large sur son pantalon (ou son bermuda) ne tient pas plus chaud qu’un t-shirt qui colle. Ça vous donne une allure et ça cache le bidon.

Mon ultime conclusion sur le short : je trouve qu’il révèle une étrange tendance régressive. On porte un short comme si on retombait en adolescence. Je ne peux m’empêcher de classer le sac à dos dans la même catégorie infantilisante.

Venir en short au bureau ? C’est vous qui voyez. Si vous n’êtes pas un DJ en short comme Diplo, vous prenez un risque.

Catherine Schwaab